Rentré à Marseille le 24 septembre 2011, après 434 jours de route et 29786kms.

 

 

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"30000 kms, 23 pays, 14 mois, 1 vélo"

L'idée du voyage

Depuis tout petits mes parents nous ont habitués, mes soeurs et moi, à des vacances atypiques. Randonnées dans les Pyrénées, treks dans les Alpes, tour d'Europe à vélo... Durant plusieurs semaines, le confort et les habitudes citadines étaient mises de côté pour laisser place à l'inconnu et à une vie proche de la nature.

J'ai toujours apprécié ce type de vacances. Tant est si bien que j'ai continué à pratiquer ces activités en grandissant, mais de façon plus ponctuelles. Passionné de volley et évoluant à un niveau tout à fait correct, je passais la plus grande partie de mon temps à courir d'un gymnase à un autre, passant des entraînements aux championnats, aux tournois, aux coupes... C'est donc en tant que sportif de haut niveau que j'ai intégré l'INSA de Lyon en 2004. Bénéficiant d'un aménagement d'emploi du temps et de conditions d'entraînement exceptionnelles, j'ai pu progresser et vraiment prendre du plaisir dans ce sport.

Et puis est arrivé cet entraîneur bulgare aux méthodes typiquement soviétiques. Il fallait soulever de la fonte et gagner. La défaite était interdite sous peine de sanctions. Je n'appréciais pas du tout. Dans le même temps j'ai fait mes premières compétitions internationales. Si ces sélections permettent de voyager, elles ne permettent pas de découvrir le pays. Mon statut de sportif et ces sélections m'ont donné la possibilité de cotoyer de très grands athlètes. Je fus extrêmement déçu de voir que l'image du champion digne, sobre, honnête et humble était une utopie. Ajoutez à cette tambouille deux ou trois vilaines blessures et les désillusions olympiques de mon modèle (un VRAI sportif, digne, sobre, honnête et humble en plus d'être un excellent beacheur) et vous comprendrez pourquoi j'ai ressenti cette envie et pourquoi ne pas dire ce besoin de partir découvrir le monde.

Nous n'avons qu'une seule vie et qu'une seule Terre. Profitons de leur beauté!!

 

 

Pourquoi le vélo

Celui qui décide de voyager doit choisir un moyen de locomotion. Ce choix est crucial. Le même trajet sera vécu de façon complètement différente selon le moyen de transport.

Aujourd'hui le vélo est à la mode. Il faut dire que c'est écologique et économique. Mais les trajets réservés à la bicyclette restent de petite envergure. Le vélo n'est pas le premier mode de transport auquel on pense lorsque l'on envisage un voyage lointain. La petite reine est pourtant un moyen fantastique pour découvrir le monde.

Il y a d'abord le caractère physique du vélo. Un voyage n'est pas une course. Mais il faut appuyer sur les pédales pour continuer à avancer. Les efforts fournis permettent de mieux apprécier les paysages. Atteindre le sommet d'un col à vélo donne un sentiment d'accomplissement. On a vaincu la montagne, ce qui nous donne la possibilité de contempler la beauté de la vue et de nous en imprégner.

Le second atout de la bicyclette est sa lenteur. Dans notre société actuelle tout va vite, très vite... Et on aimerait que ça aille plus vite. Or le voyage à vélo est lent. C'est un déplacement à vitesse humaine. Du haut de la selle, les paysages ne changent pas, ils évoluent. Le cyclotouriste ne traverse pas des étendues, il les intègre.

Enfin, le vélo n'est pas une simple machine. Fragile et solide à la fois, identique et pourtant différent selon les modèles, présent sur l'ensemble de la planète, il possède une dimension humaine. Une voiture impressionne, un vélo intrigue et incite à la rencontre.

 

En équilibre sur deux roues, à mi-chemin entre l'artiste et le sportif, le cyclotouriste parcourt le monde, allant de rencontres en étonnements et de découvertes en apprentissages.

 

 

Une histoire de temps

Contrairement à ce que beaucoup de monde pense, voyager à vélo n'est pas une question de distance, c'est une question de temps.

 

Lorsque l'on parle de "temps", on pense évidemment à la notion de durée. Mais il faut aussi penser à la notion de météo, impossible de pédaler sur du verglas! Enfin, il y a dans le mot "temps" la dimension de "situation actuelle". La carte géopolitique évolue constamment. Des conflits éclatent, d'autres cessent. Le voyageur doit adapter son parcours en fonction de ces différentes notions. Mais ces "temps" sont faciles à déterminer. En fait le plus difficile dans un voyage au long cours est de savoir QUAND partir.

 

J'ai décidé de partir à la fin de mes études pour deux raisons majeures. La première est que je sais ce que je possède aujourd'hui (la santé, pas de responsabilités familiales et professionnelles, peu d'argent) alors que je suis complètement incertain de ce que me réserve demain. La seconde raison est que je conçois ce voyage comme une transition entre une vie étudiante qui a été bien remplie et une vie professionnelle et familiale que j'aimerais pleine et sans concession. Ce tour du monde doit donc être initiatique, à l'image du fameux "tour" que les gentlemen anglais réalisaient avant leur entrée dans la vie active au XVIIIème siècle.